On comptait au 30 décembre 2025 11.837 entreprises tombées en faillite. Ces chiffres ne sont donc pas définitifs et le décompte final nous rapprochera un peu du seuil de 12.000, sans l’atteindre toutefois. C’est une augmentation de 5,9% par rapport à 2024. Si on compte le nombre total de jugements, qui comporte aussi ceux concernant les associés de sociétés à responsabilité illimitées, au nombre de 375, on atteint déjà 12.212 jugements.
Les secteurs les plus touchés sont la construction, le transport et l’Horeca. Ce n’est pas une surprise, mais certains connaissent de hausses spectaculaires par rapport à 2024.
On notera quand même la relative bonne tenue des cafés et de la restauration à service restreint, qui voient le nombre de défaillances diminuer. Par contre, la construction générale, les travaux d’installation électrotechniques et le transport routier de fret sont en forte hausse.
La hausse est particulièrement sensible à Bruxelles. On y compte 2.208 jugements, soit une hausse de 13,23% sur un an. Mais ce n’est qu’un juste retour des choses. La Région a historiquement connu trop peu de jugements ces dernières années. En Région Flamande, on compte un record de 6854 faillites, en hausse de 7,77%. En Wallonie par contre, les 2.729 jugement comptés représentent une diminution de 3,02%.
Ce chiffre doit cependant être relativisé. On compte en effet aujourd’hui 1.575.898 entreprises actives en Belgique. Le taux de défaillance reste dont parfaitement maîtrisé, à 0,75%.
Le dynamisme de notre économie peut se mesurer au nombre de créations de nouvelles entreprises. Ce chiffre est loin d’être stabilisé en ce début d’année, mais il atteint aujourd’hui 133.415 unités et se clôturera sans doute au même niveau qu’en 2024, qui avait vu 135.075 nouvelles entreprises être créées tout au long de l’année. 2025 n’est pas un très grand cru donc, mais pas une catastrophe non plus. Par contre, quand on regarde les secteurs privilégiés, on voit à quel point notre économie est tournée vers les services. A peine 2,31% (3.080 entreprises) sont du secteur industriel, alors que les sièges sociaux et conseil de gestion représentent à eux seuls 7.524 starters ou 5,64% du total. Les services de santé humaine sont les plus plébiscités, avec 13.213 starters ou 9,90% du total.
Du côté des cessations d’activités, le compteur s’arrête à 104.723 unités. C’est 8,3% de moins qu’en 2024 et même un peu moins que les 107.633 arrêts de 2023. La raison semble démographique. Il y a un peu moins d’indépendants qui ont arrêtés leurs activités en 2025. Ce qui s’explique par le grand nombre de baby-boomers indépendants qui ont maintenant déjà pris leur pension.
Le pays continue donc à créer plus d’entreprises chaque année. Avec une solde positif non définitif de 28.692 unités, 2025 ne sera pas considéré comme une mauvaise année en soi.
La situation géopolitique de l’Europe est inconfortable et le restera en 2026. L’euro s’est renforcé par rapport au dollar américain et on attend plutôt une hausse de nos taux à long terme. Rien de tout cela n’est bon pour nos exportations. Les marges sont sous forte pression et le gouvernement a pris des mesures budgétaires qui vont inévitablement toucher la consommation intérieure.
L’évolution des nouvelles technologies va sans doute encore s’accélérer, avec de plus en plus d’applications pratiques soutenues par l’intelligence artificielle. Nos entreprises vont donc encore devoir se battre en 2026 pour rester rentable. Une des mesures plus utilisées en ce moment est le licenciement de personnel. C’est une tendance lourde, qui touchent toutes les moyennes et grandes entreprises, dans tous les secteurs. Plus dangereux à long terme, on voit que beaucoup de projets d’investissements sont reportés.
Comme toujours, les plus robustes et les plus dynamiques renforceront leurs parts de marché, alors que les plus faibles seront absorbés ou renonceront. De plus en plus, il va falloir cumuler 2 qualités souvent inconciliables : l’agilité des PME et le force de frappe des grands groupes. C’est un beau défi à relever.