Créations et cessations d'activité au premier trimestre 2026 – Un aperçu des secteurs

Dans notre précédent article, nous avons expliqué que le tissu entrepreneurial belge subissait une pression croissante et que, en Flandre, le nombre de cessations d’activité dépassait même celui des créations d’entreprises. Nous allons maintenant examiner l’évolution de la situation au niveau sectoriel. – Tommy Browaeys

Afin de déterminer quels secteurs sont touchés et quels segments continuent de bien se porter, nous avons comparé le nombre de créations et de cessations d’activité (y compris les faillites) du premier trimestre 2026 à celui de la même période l’année dernière. Nous avons effectué cette comparaison en nous basant sur l’activité principale, selon le code NACEBEL le plus général.

Les segments suivants ont enregistré la plus forte baisse en valeur absolue du nombre de créations d’entreprises :

Activité Créations Q1
2025
2026
2026-2025
86 – Soins de santé humaine
3.355
2.983
-372
64 – Services financiers, à l’exclusion des assurances et des fonds de retraite
503
231
-272
41 – Construction de bâtiments, développement de projets immobiliers
973
712
-261
01 – Culture, élevage, chasse et services liés à ces activités
906
709
-197
43 – Travaux de construction spécialisés
2.906
2.723
-183
90 – Activités créatives, artistiques et récréatives
861
678
-183
46 – Commerce de gros et intermédiation commerciale, à l’exception du commerce de véhicules automobiles et de motocycles
744
567
-177
82 – Activités administratives et de soutien aux bureaux et autres activités commerciales
1.246
1.094
-152
66 – Activités auxiliaires liées aux assurances et aux fonds de retraite
348
214
-134
47 – Commerce de détail, à l’exception du commerce de voitures et de motos
2.363
2.247
-116
68 – Exploitation et commerce de biens immobiliers
1.333
1.217
-116
56 – Restaurants et cafés
1.304
1.189
-115
71 – Architectes et ingénieurs, essais et contrôles techniques
756
648
-108

Dans ces groupes, on observe la plus forte augmentation en valeur absolue en termes de cessations d’activité :

Activité Cessations Q1
2025
2026
2026-2025
43 – Travaux de construction spécialisés
3.017
3.863
+846
96 – Autres services aux particuliers
1.565
2.371
+806
47 – Commerce de détail, à l’exception du commerce de voitures et de motos
2.953
3.530
+577
81 – Services liés aux bâtiments et à l’aménagement paysager
766
1.136
+370
82 – Activités administratives et de soutien aux bureaux et autres activités commerciales
908
1.220
+312
74 – Autres activités scientifiques et techniques spécialisées
734
1.031
+297
45 – Commerce de gros et de détail, entretien et réparation de véhicules automobiles et de motocycles
770
1.045
+275
01 – Culture, élevage, chasse et services liés à ces activités
780
999
+219
62 – Conception et programmation de logiciels, services de conseil en informatique et activités associées
693
881
+188
85 – Éducation
787
972
+185
90 – Activités créatives, artistiques et récréatives
565
729
+164
71 – Architectes et ingénieurs, essais et contrôles techniques
763
923
+160
49 – Transport terrestre et transport par pipeline
509
639
+130
41 – Construction de bâtiments, développement de projets immobiliers
794
911
+117
25 – Fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements
201
314
+113
56 – Restaurants et cafés
1.667
1.771
+104
69 – Services juridiques et comptables
777
880
+103

Il convient toutefois de noter que le nombre de créations d’entreprises ne se stabilise qu’après plusieurs semaines. En déduisant les cessations d’activité, on obtient l’évolution nette de la population d’entreprises par secteur d’activité.

Nous observons la plus forte baisse de la population active dans ces secteurs :

Activité 2026 – Q1
Oprichtingen
Cessations
Évolution
47 – Commerce de détail, à l’exception du commerce de voitures et de motos
2.247
3.530
-1.283
43 – Travaux de construction spécialisés
2.723
3.863
-1.140
46 – Commerce de gros et intermédiation commerciale, à l’exception du commerce de véhicules automobiles et de motocycles
567
1.261
-694
96 – Autres services aux particuliers
1.757
2.371
-614
56 – Restaurants et cafés
1.189
1.771
-582
01 – Culture, élevage, chasse et services liés à ces activités
709
999
-290
71 – Architectes et ingénieurs, essais et contrôles techniques
648
923
-275
45 – Commerce de gros et de détail, entretien et réparation de véhicules automobiles et de motocycles
771
1.045
-274
74 – Autres activités scientifiques et techniques spécialisées
816
1.031
-215
69 – Services juridiques et comptables
666
880
-214
41 – Construction de bâtiments, développement de projets immobiliers
712
911
-199
25 – Fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements
115
314
-199
82 – Activités administratives et de soutien aux bureaux et autres activités commerciales
1.094
1.220
-126
18 – Imprimeries, reproduction de supports enregistrés
46
153
-107

Outre le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, invariablement cité dans les informations négatives, on constate que le secteur agricole belge continue de se contracter et que la tendance négative se poursuit dans le secteur de la construction. Selon Niko Demeester, administrateur délégué d’Embuild, ces chiffres s’inscrivent dans le contexte plus large d’une quasi-stagnation du secteur de la construction et des installations, qui perdure depuis 2022. « Une politique stable et prévisible reste donc cruciale. Des primes attractives, des incitants fiscaux intelligents, comprenant notamment une réduction de la TVA sur les nouvelles constructions à 6 %, des permis plus rapides et une plus grande sécurité d’investissement sont essentiels pour rétablir la confiance et l’esprit d’entreprise dans notre secteur. »

D’autres fédérations sectorielles tirent également la sonnette d’alarme. Ainsi, essenscia a récemment annoncé que le secteur chimique et pharmaceutique belge se trouvait à un tournant, avec une perte de 1 590 emplois, une baisse des exportations de près de 5 % et pratiquement aucune annonce de nouveaux investissements. « Si les handicaps concurrentiels structurels ne sont pas rapidement éliminés, le secteur risque de passer à côté d’un cycle d’investissement crucial. Cela met non seulement des emplois en péril, mais sape également la transition industrielle et accroît le risque d’une dépendance croissante vis-à-vis des importations », peut-on lire.

Étant donné que les secteurs de la chimie et de la pharmacie n’apparaissent pas dans les listes ci-dessus en raison de leur faible nombre absolu, nous les examinons séparément :

Activité 2026 – Q1
Créations
Cessations
Évolution
20 – Fabrication de produits chimiques
12
15
-3
21 – Fabrication de matières premières et de produits pharmaceutiques
3
14
-11
22 – Fabrication d’articles en caoutchouc ou en plastique
45
18
+27

La tendance y est également négative, à l’exception de la fabrication de caoutchouc ou de matières plastiques. Si l’on examine de plus près les créations d’entreprises dans cette sous-catégorie, on constate qu’il s’agit principalement d’indépendants sans personnel. Les pertes d’emplois auxquelles essenscia fait référence se situent logiquement dans le segment des PME et des grandes entreprises qui emploient du personnel. Ce n’est donc pas parce qu’elles existent encore qu’elles ne sont pas soumises à une pression accrue. Sur la base de notre indicateur qui signale un risque accru de faillite, nous constatons que celui-ci est préoccupant pour 12 % des entreprises comptant au moins 10 salariés.

Alors, il n’y a aucune bonne nouvelle à signaler ? Dans ces secteurs, la population a encore augmenté d’au moins 100 acteurs au cours des derniers mois :

Activité 2026 – Q1
Créations
Cessations
Évolution
86 – Soins de santé humaine
2.983
1.970
+1.013
70 – Activités des sièges sociaux et des cabinets de conseil en gestion d’entreprise
2.274
1.344
+930
68 – Exploitation et commerce de biens immobiliers
1.217
631
+586
62 – Conception et programmation de logiciels, services de conseil en informatique et activités associées
1.201
881
+320
88 – Services sociaux sans hébergement
278
178
+100

Même si cette évolution reste relative dans un contexte plus large. En effet, il convient de noter que la croissance de chacun de ces secteurs a été inférieure de 7 % à plus de 40 % à celle de l’année dernière.

Nous continuerons à suivre l’évolution de la situation au cours du deuxième trimestre 2026.

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