Les alertes se multiplient à propos de la santé de nos entreprises

On peut partout lire et entendre que nos entreprises souffrent, que leurs marges se réduisent et qu’elles doivent réduire leurs coûts pour préserver une rentabilité minimum afin de faire face aux échéances de leurs crédits ou de garder une certaine capacité à investir.

En analysant les comptes annuels des presque 50.000 entreprises qui clôturent leur exercice en milieu d’année, nous pouvons objectiver les tendances chiffrées les plus récentes.

Nous sommes conscients que l’échantillon est restreint. Mais il est suffisamment significatif pour voir comment la transition 2024 – 2025 est vécue par notre tissu économique.

Nous utiliserons la médiane comme indicateur pour cette analyse. Elle permet de mesurer le comportement d’une entreprise modale, sachant que, par définition, 50% de la population fait mieux et 50% fait moins bien.

Les volumes se rétractent pour les grandes entreprises

La toute grande majorité des entreprises ne publient pas leur chiffre d’affaires en Belgique. Mais grâce à nos algorithmes maison, nous sommes en mesure de l’estimer.

Evolution du chiffre d'affaires
Année
2024
2025
2025 vs 2024
Personeelsklasse
Mediaan
Nombre
Médiane
Nombre
Evolution (%)
0 ou inconnu
136.000
35.734
136.000
34.758
0,00%
De 1 à 4 personne(s)
471.000
9.429
490.000
9.017
4,03%
De 5 à 9 personnes
1.389.500
2.050
1.438.463
1.924
3,52%
De 10 à 19 personnes
3.007.000
1.145
3.286.189
1.065
9,28%
Van 20 tot 49 personen
7.155.000
640
7.335.000
585
2,52%
Van 50 tot 99 personen
15.283.521
147
15.393.000
143
0,72%
De 100 à 199 personnes
32.835.138
72
35.478.322
69
8,05%
De 200 à 499 personnes
103.254.283
42
105.633.162
40
2,30%
De 500 à 999 personnes
134.557.529
13
143.157.196
13
6,39%
plus de 999 personnes
574.611.291
5
561.188.519
5
-2,34%

De eerste vaststelling is dat veel categorieën bedrijven erin slagen hun omzetvolumes te verhogen tot boven de inflatie van het jaar (2024–2025), namelijk +/- 2,00%. Dit wijst erop dat bedrijven er over het algemeen in slagen de prijsstijgingen door te rekenen aan hun klanten. Voor sommige is dit zelfs een teken dat ze nieuw marktaandeel veroveren. Maar dit geldt niet voor alle categorieën.

Bedrijven zonder personeel stagneren en kmo’s met 50 tot 99 werknemers kunnen de inflatie niet compenseren. Voor de 5 bedrijven met meer dan 1.000 werknemers in onze steekproef, die hun werkelijke omzet publiceren, is het een koude douche. Zij verliezen aan netto-omzet (-2,34%). Dit zijn de bedrijven die het meest actief (en het meest blootgesteld) zijn op de internationale markt. Hun concurrentievermogen komt in gevaar en ze lijken marktaandeel te verliezen.

La marge brute est le premier vrai indicateur de santé

Et c’est ici que les choses commencent à se gâter réellement.

Les toutes petites entreprises sont actives sur le marché local et arrivent à sauver les meubles. Mais elles ne compensent néanmoins pas l’inflation de la période. Les PME de 5 à 100 personnes s’en tirent plutôt bien. Elles sont en général assez agiles pour s’adapter et battent largement l’inflation. Mais pour les plus grandes entreprises, c’est la soupe à la grimace. Les entreprises de plus de 200 personnes ont des coûts de structures, d’énergie et d’approvisionnement qui dégradent leurs marges. Leur valeur ajoutée est en diminution et même très fortement pour les entreprises de plus de 500 personnes.

Valeur ajoutée
Année
2024
2025
2025 vs 2024
Classe d’emploi
Médiane
Nombre
Médiane
Nombre
Evolution (%)
0 ou inconnu
35.407
36.326
35.741
36.041
0,94%
De 1 à 4 personne(s)
143.631
9.461
146.088
9.273
1,71%
De 5 à 9 personnes
498.735
2.059
541.269
1.990
8,53%
De 10 à 19 personnes
1.043.417
1.164
1.110.610
1.100
6,44%
De 20 à 49 personnes
2.345.104
656
2.438.582
612
3,99%
De 50 à 99 personnes
5.380.271
150
5.915.458
146
9,95%
De 100 à 199 personnes
13.498.039
72
13.718.083
69
1,63%
De 200 à 499 personnes
36.876.757
42
36.183.793
40
-1,88%
De 500 à 999 personnes
63.658.427
13
54.039.319
13
-15,11%
plus de 999 personnes
194.151.164
5
164.267.327
5
-15,39%

Les coûts du personnel comme valeur d’ajustement

Les chiffres le montrent. Là où la valeur ajoutée le permet, les entreprises restent à la recherche de main d’œuvre. C’est le cas des PME de moins de 500 personnes. Leur coût de personnel augmente plus que l’inflation (et donc que l’indexation), ce qui sous-entend qu’elles continuent à investir dans le capital humain. Pour les plus grandes entreprises par contre, l’évolution est inférieure à l’indexation ou négative. Elles ajustent donc à la baisse le nombre de leurs travailleurs.

Coûts du personnel
Année
2024
2025
2025 vs 2024
Classe d’emploi
Médiane
Nombre
Médiane
Nombre
Evolution (%)
0 ou inconnu
NR
36.326
NR
36.041
NR
De 1 à 4 personne(s)
56.912
9.461
59.420
9.273
4,41%
De 5 à 9 personnes
323.914
2.059
350.174
1.990
8,11%
De 10 à 19 personnes
720.579
1.164
770.087
1.100
6,87%
De 20 à 49 personnes
1.640.960
656
1.728.548
612
5,34%
De 50 à 99 personnes
4.414.469
150
4.728.707
146
7,12%
De 100 à 199 personnes
9.901.963
72
10.288.069
69
3,90%
De 200 à 499 personnes
26.734.391
42
28.053.472
40
4,93%
De 500 à 999 personnes
51.095.702
13
50.741.368
13
-0,69%
plus de 999 personnes
100.113.395
5
101.415.465
5
1,30%

Ces comportements sont logiques. Les entreprises doivent continuer à investir pour garder une pertinence dans leur marché. Elles doivent donc impérativement dégager des marges de manœuvre pour y arriver.

Les investissements, stop ou encore ?

Comme on vient de le dire, ne plus investir équivaut à condamner l’outil à moyen terme. C’est valable pour les entreprises du monde entier. Rester compétitif impose de constamment améliorer l’efficacité des outils et process. Sans quoi, un concurrent fera mieux, plus vite et/ou moins cher que vous. Mais nos entreprises doivent plus investir que dans le reste du monde. Seul des investissements complémentaires permettent de répondre aux exigences européennes de verdissement de l’économie et de compenser les surcoûts de l’énergie et du personnel, particulièrement lourds en Belgique.

Investissements nets
Année
2024
2025
2025 vs 2024
Classe d’emploi
Médiane
Nombre
Médiane
Nombre
Evolution (%)
0 ou inconnu
557
36.326
300
36.041
-46,10%
De 1 à 4 personne(s)
8.185
9.461
6.934
9.273
-15,29%
De 5 à 9 personnes
31.421
2.059
26.941
1.990
-14,26%
De 10 à 19 personnes
65.413
1.164
49.007
1.100
-25,08%
De 20 à 49 personnes
143.572
656
147.902
612
3,02%
De 50 à 99 personnes
522.741
150
365.620
146
-30,06%
De 100 à 199 personnes
1.047.249
72
759.104
69
-27,51%
De 200 à 499 personnes
1.508.963
42
2.377.037
40
57,53%
De 500 à 999 personnes
1.327.206
13
2.073.612
13
56,24%
plus de 999 personnes
8.518.784
5
4.138.920
5
-51,41%

Comme on le voit ici, beaucoup de catégories d’entreprises se dirigent vers une diminution des investissements. C’est inquiétant. Les plus grosses entreprises (même si elles ne sont que 5 ici) semblent particulièrement freiner les investissements … en tous cas en Belgique.

Le cashflow disponible

La conclusion de cette petite analyse va se retrouver dans ce dernier tableau. Les entreprises cherchent à faire du profit. Elles optimalisent leurs moyens à mettre en œuvre pour maximiser les gains (pour pouvoir investir et pour rémunérer le capital à risque). Une bonne mesure de cet indicateur est le cashflow disponible, qui est la somme des richesses créées, remboursements annuels des crédits en cours déduits.

Cela semble atteint pour beaucoup d’entre elles.

Cashflow disponible
Année
2024
2025
2025 vs 2024
Classe d’emploi
Médiane
Nombre
Médiane
Nombre
Evolution (%)
0 ou inconnu
16.307
36.326
17.648
36.041
8,22%
De 1 à 4 personne(s)
28.406
9.461
30.339
9.273
6,81%
De 5 à 9 personnes
63.309
2.059
69.221
1.990
9,34%
De 10 à 19 personnes
112.046
1.164
123.627
1.100
10,34%
De 20 à 49 personnes
265.810
656
261.646
612
-1,57%
De 50 à 99 personnes
571.443
150
595.102
146
4,14%
De 100 à 199 personnes
1.129.563
72
1.270.759
69
12,50%
De 200 à 499 personnes
3.382.967
42
4.295.324
40
26,97%
De 500 à 999 personnes
789.649
13
681.449
13
-13,70%
plus de 999 personnes
39.514.063
5
60.689.717
5
53,59%

Conclusion

Les entreprises réussissent globalement à préserver leur rentabilité finale. Mais pour ce faire, elles réduisent les coûts et retardent les investissements. C’est un succès à court terme. A plus long terme, cela fragilise le tissu économique qui ne peut répondre à l’invasion des produits bons marchés produits hors Europe. De plus, les grands traités commerciaux que l’UE vient de signer avec l’Amérique du Sud et l’Australie vont faire mal aux petits producteurs locaux et sans doute ouvrir des marchés aux grands exportateurs de produits à haute valeur ajoutée (en espérant qu’ils ne se délocalisent pas en investissant directement sur ces nouveaux marchés). Cela va transformer notre paysage économique et la consommation des ménages. Il faudra suivre ce que cela donne au niveau des secteurs dans les années qui viennent.